"- Maria Sanchez...Je t'aime...
- Tu m'aimes? Tu en es bien sûr?
- Oui...
- Alors, tu peux te sacrifier la vie pour moi?
- Mais....
- Non?! Alors, tu peux me donner tes organes si jamais j'en aurais besoin? Tes yeux....ou....tes reins peut-être?
- Euuuh...
- Non plus?! Tu peux quand même tout abandonner pour vivre avec moi? Ton job...ta maison...ta famille....non?
- Non...!
- Alors là.... je n'ai pas besoin de ton amour....je peux acheter des fleurs et du chocolat... Adieu..."
Et elle disparut comme par enchantement ..et me laissa choqué... Aucune femme ne m'avait refusé auparavant....jamais! Elles voulaient toutes avoir l'appellation "Madame Winston", l'épouse du fameux avocat Tad Winston... Comment osa-t-elle m'humilier et partir de sang-froid?
La nuit, je ne dormis pas; je pensais... Je me demandai en fait si j'étais vraiment capable de me sacrifier pour elle. Une vague inquiétude s'empara de moi. Je me levai en sursaut, enfilai mes vêtements et partis chercher ma bien-aimée. A peine suis-je arrivé chez elle, je m'écriai: "Maria!...Maria!....". Une fenêtre s'ouvrit et Maria en sortit la tête. Comment a-t-elle parvenu à être aussi belle même aux cheveux si mêlés?
"-Tad? Que fais-tu ici?
-Je t'aime!
-Mon Dieu! Il est minuit...
-Je sais...et je ne pouvais pas m'endormir....car je pensais à toi!
-Ah! Bonne nuit...
-Non....S'il te plaît, Maria! Je t'aime....vraiment!
-Prouve ce que tu éprouves, alors!
-D'accord! Je ferai tout...
-C'est vrai?
-Oui....."
Elle ferma sa fenêtre et ouvrit la porte de sa maison après un certain moment.
"Entre!" me dit-elle.
J'hésitai d'abord. J'étais vraiment confus; je ne savais comment je prouverai mon amour envers elle en pénétrant dans sa maison, mais j'entrai quand même...
"Où va-t-on?" balbutiai-je.
"Sois patient..." me répondit-elle.
Nous arrivâmes à sa chambre, alors une grande terreur s'empara de moi.
Elle se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit puis répliqua:
"-Que tu te jettes!
-Hein?
-Tu veux me prouver ton amour, c'est ta chance!"
Je pensais qu'elle était folle; elle me demanda de me suicider! Je me retournai et me dirigeai vers la porte ...
"Tu n'auras pas d'autre chance!" souffla-t-elle.
Je m'arrêtai, la regardai longtemps puis marmonai:
"-Je vais me sacrifier pour toi quand tu en auras besoin et non quand tu voudras...
-Si tu sors d'ici, tu sortiras de ma vie!"
Je ne savais quoi faire...Je préférais la mort à la vie sans Maria, alors je me précipitai envers la fenêtre et tentai de me sacrifier pour elle, de me suicider plutôt, mais elle me prévint en bafouillant: "Tu m'aimes...vraiment..."
Mon esprit était incapable d'analyser ce qui vint d'arriver. Maria alors reprit de tout son aplomb: "Je voulais juste...m'assurer que tu m'aimes...
-Quoi?
-Mon ex-époux m'a trahie....Je devais m'assurer que tu ne vas pas faire de même...Pardon!"
Je ressentis une grande joie qu'aucune plume ne plus décrire.
"-Cinéma 'Marilyn Monroe', demain à 17h, ça te dit?
-Mais avec plaisir! Je suis partant.
-Cool! A demain alors...
-Salut..."
Je quittai sa maison en sautant de joie. Quand je regagnai mon lit, je trouvais une grande difficulté à m'endormir car "enfin la réalité est plus belle que le rêve". Il était 4h et mes yeux obéirent de se fermer...Mon Dieu! Je pensais à Maria... je me rappelais en fait de notre première rencontre il y a deux mois. Elle était ma cliente vu que j'étais un avocat très fameux. Elle était triste et désespérée...Je détestais son ex-époux parce qu'il la trahie, mais je l'aimais aussi car il m'a permis de connaître Maria et de tomber amoureux d'elle. Je la trouvais unique et je n'hésitais aucunement de tomber amoureux d'elle. En effet, quand on tombe, on se met debout normalment, mais quand on tombe amoureux, il n'est pas question de se redresser!
Quand l'affaire pénale fut terminée, j'avais peur de ne plus voir ma bien-aimée, alors je lui avouais mes sentiments envers elle sans hésitation. Dieu sait à quel point j'étais déprimé et déçu quand elle m'a laissé tomber....
Mon téléphone sonna brusquement. Une vague terreur s'empara de moi; je tremblais comme une feuille. Qui pourrait m'appeler à 04:15 ?
"-Allô?
-Allô...Tad? Je suis l'amie de Maria...
-Qu'est-ce qu'il y a?
-Maria....a cassé sa pipe.... toutes mes condoléances...!
-Quoi? Elle est morte?
-Oui.... Elle vient de mourir... je suis chez elle maintenant.... J'essayais de la réveiller....mais elle a fermé ses yeux une fois pour toutes.... On l'enterrera à dix heures au cimetière 'Clamart'....si...tu peux venir...."
Je pleurais sans cesse... au point de ne plus avoir d'eau dans mon corps! Alors j'avale mes larmes pour en faire la matière de celles qui viendront après.... car je veux larmoyer jusqu'au lever du jour....
Je ne pouvais croire que la femme que j'aimais a rendu son dernier soupir... Alors, je tombai dans un sommeil d'oubli... et quand 17h sonna, je me trouvai déjà au cinéma... J'avais un frisson... Tout ce que j'espérais en ce moment-là, c'est de la voir de mes propres yeux et m'assurer qu'elle est encore vivante... Quatre heures passèrent et toujours pas de résultat. J'essayais d'être optimiste mais chaque minute qui se coulait, m'affirmait que Maria est partie et ne peux jamais revenir.... Je commençai à me lamenter et à gémir.... Je me suis dit: "C'est fini...elle est morte!". Je me levai et me rendis au cimetière. Je m'assis auprès de sa tombe et pleurai au point de me noyer dans mes larmes....au point de penser que s'il y avait des graines cultivées dans la terre de son tombeau, elles s'épanouiraient à force de les irriguer. Je ne pensais qu'à ce qu'a dit John Green: "Les funérailles ne sont pas faites pour les morts, mais bientôt pour les vivants." et j'y adhérais totalement...
Une main alors se posa sur mon épaule, une main à laquelle je n'accordais le moindre intérêt.
"Je t'attendais, Tad...." répliqua une voix, une voix qui m'était familière... ou bien pour être plus précis: la voix de Maria. Je me tournai et je découvris la plus belle des créatures, Maria...
"Maria... Tu n'es pas morte!" bafouillai-je.
"-Que penses-tu?
-Je pense que ce n'est pas marrant de prétendre être morte... qu'il est injuste de briser mon coeur...
-Une autre épreuve... Je n'étais toujours pas sûre que tu m'aimes..."
Je me lamentais et je ne trouvais quoi dire...
"-Je suis vraiment désolée, Tad...
-Et maintenant? Tu penses que je t'aime?
-Non, je ne le pense pas... j'en suis certaine!"
Je la pris dans mes bras et lui murmurai à l'oreille: "S'il te plaît, Maria... je ne peux plus passer ces épreuves... Je veux vivre notre amour et non le prouver..."
"D'accord... J'avais besoin d'un sacrifice.... seulement..." dit-elle.
Elle s'est détachée de moi, puis chuchota: "Tu as faim?
-Oui... trop faim... Je n'ai rien mangé aujourd'hui....
-Tu veux de la soupe?
-Hmmm... Oui... et je vais la goûter avant que tu ne le fasses... pour te prouver qu'il n'y a pas du poison...
-Arrête!
-Je vais me sacrifier pour toi Maria....
-Ah! T'es méchant comme de la teigne..."
Et tout ce dont elle avait besoin était Un Sacrifice...