Aujourd'hui,j'ai décidé d’écrire ,plus parce que j'ai envie de m'exprimer qu'autre chose,je suspecte aussi une certaine douleur subite qui s'est installé dans mon coeur d'avoir déclenché cette envie,alors avec docilité et servitude ,je décide de m’y soumettre.
La vie est drôle n'est ce pas ,il n'y a que la douleur ,la tristesse,la trahison,l'abandon,la solitude et autres fléaux humains qui nous poussent à écrire et à extérioriser ce qu'on ressent, quand on est heureux ou dans un état d'euphorie et de plaisir avancé , la dernière chose a laquelle on pourrait penser c'est décrire notre jouissance dans des mots, comme si on était trop occupés à être heureux.
Le rossignol lui même offre ses plus belles mélodies dans ses plus grands chagrins ,mais ça voudrait dire que tous les écrivains de ce monde étaient ou sont dévastés ? ou ont-ils peut-être seulement compris le sens de la vie avant les autres....va savoir.
Mais bon si on écrit dans un état d’âme et pas dans un autre c'est sûrement pour une raison apparente et universelle ,quand on est mélancolique on a besoin d'en parler ,à un ami ou au premier venu tant que ça nous fait du bien ,on tient a partager nos peines et notre souffrance comme pour s'en débarrasser et s'en libérer .Mais voilà, parfois on sent que personne n'est digne de cette confiance ou que nul ne pourra nous comprendre,de toute façon qu'elle que soit la personne a qui vous parler et qu'elle que soit votre souffrance ou votre infortune ,vous ne la ressentirez que vous même ,votre confident lui n'y pensera même aprés plus 5 minutes ,ou il y pensera jusqu'à ce que quelqu'un d'autre lui raconte une blague, ou bien jusqu'à ce qu'un autre malheur s’abatte sur lui (c'est peut-être ça l'amitié ,le temps que prend une personne proche avant d'oublier votre malheur ),et puis il viendra se confier a vous ,vous vous en ficheriez a votre tour et vous ferait semblant d'empatir ; voila c'est un cercle vicieux sans fin qui comble l'humanité , les gens se servent chacun de l'autre et trouvent ça particulièrement normal tant que Personne n'en parle ,un secret de polichinelle en quelque sorte .
Le plus amusant en fait ,c'est de penser à partager notre douleur et nos maux pour s'apaiser ,mais quand la vie nous sourit et que tout va bien ,on ne pense a personne, on ne pense qu'a nous même comme si c’était un droit légitime de se débarrasser des fardeaux de la vie et de les offrir a nos amis tel des chevaux de Troie maquillé par les devoirs de l'amitié; et garder les meilleurs moments pour nous ,de l’égoïsme pur et flagrant et on ose encore parler d'amitié.
Mais alors se confier a un ami reviendrait a le mépriser ,voir le haïr et ferait de nous logiquement de très mauvais amis ,des opportunistes sans scrupules qui ne pensent qu'a vider leurs sacs et s’alléger des poids de la vie en le donnant aux personnes qu'on est censé aimer et affectionner.
C'est risible tout ça , penser qu'on a été de bons amis quand on ne l’était vraisemblablement pas et cacher nos malheurs aux autres et croire qu'on est de bien piètres amis .
Détestons nous nos amis a ce point ,sommes nous sadiques ou c'est juste la nature humaine qu'on essaye vainement de noyer au fond de nous même pour s'adapter a ce cirque ,à cette pièce théâtrale qu'est la société.
Bref,toute cette pensée noire et pessimiste et ce monologue pour justifier et légitimer mon besoin d’écrire , de me confier a un stylo et à un bout de papier ,pour me déculpabiliser et me dire : que j'ai été un bon ami.