La fin, tant entretenue par les écrivains et scénaristes, attendue impatiemment par tous les lecteurs. Une fin est toujours à critiquer, il y en a qui préfèrent que cela débouche sur d’autres débuts, et d’autres qui la considèrent comme une fin définitive. J’ai toujours détesté la fin. On se fait tant de mal à bien la contrôler ça peut toujours dérailler et mener à une autre fin, parfois celle qu’on méprise le plus, parfois totalement imprévue, qu’on fini par accepter.
La fin est beaucoup plus complexe qu’elle semble être. Ceci dit, chacun l’imagine à sa façon, selon sa vision des choses, ses peurs et ses rêves, même ceux qui incluent que la fin n’existe plus, ces êtres cherchant l’éternité dans un clin d’oeil. Cela fait un moment que les phrases se constituent dans ma tête, que la logique s’empare de mon coeur et l’encercle. Des phrases et des mots à dire avant la fin, pour empêcher la fin, ou sinon l’embellir, pour but de marquer une belle histoire, compléter les vides qui risquent de trouer les pages qu’on aurait rempli à deux. J’avais des mots à dire, des mots que je n’ai pas eu l’audace de m’avouer, et puis tant pis…C’étaient des mots que j’ai mis trop longtemps à retrouver, que je mettrais plus longtemps à oublier. Cela a toujours été le cas de toute façon. Quoique c’est maintenant que je me retrouve face à moi même, livrée à mes pensées, mes silences, mes moments de faiblesse et à la solitude de mon âme.
J’avais beau étudier chaque détail, chérir chaque moment, négligé les mauvaises ondes, j’avais beau me retenir lorsque je gardais les portes de mon royaume fermées, une fois ouverts je suis tombée en avançant dès le premier pas vers l’extérieur. Rien ne m’a retenue, la chute n’a pas pris longtemps, ça a été brusque, le choc assez dur et troublant, mais c’était prévu, le degré de la souffrance post-accident n’aurait par contre pas pu être prévu.
C’est tantôt comme le gout d’une larme amère avec un arrière gout sucré mélangé au gout délicieux de ses lèvres, tantôt comme une lame tranchante déchirant chaque veine dans mon corps. Je n’ai pas eu le temps de vérifier si suite à ses brulures je guérirais, je n’ai même pas eu le temps ni de graver ses yeux sur mon regard ni de caresser plus lentement sa peau de façon à en garder un souvenir plus détaillé.
J’en ai le coeur arraché et je le déclare depuis si longtemps, à en croire que ceux qui se jettent dans de l’eau glacée pour faire revivre leurs corps ont raison, que ceux qui continuent à courir après le bonheur peu importe ce qu’ils sacrifient ont tout compris, à en croire même que j’avais tort de me retenir si longtemps que j’aurais mieux fais d’en profiter et d’y croire au moins la moitié du temps, pas uniquement lorsque son coeur battait sur le mien, ou lorsque j’ai les larmes aux yeux tellement ce que je ressentais était intense quand je l’embrassais.
Je me dis toutefois qu’une fin est une fin, et qu’on ne peut que l’accepter, l’embellir ou l’amocher, ne serviront à rien. Rien ne ramène des moments perdus, mais un écrit, un cliché, une motion ou même un son enregistré, dans nos mémoires ou dans un nuage, ça peut mémoriser des non dits, à vie. Tout ce qui reste à faire c’est visiter ses souvenirs de temps à autres, pour ne pas tomber dans l’oubli..