Launchorasince 2014
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Ton absence


Sordide, bête, insensible vérité, inhumaine vue sous tous les angles. Je méprise tout ce qui peut avoir un effet contraire, je refuse toute réalité ne t’incluant, j’avale des litres de toi, j’avale ce que tu ne m’as jamais donné. J’avale ta présence, ton attention, tes mots d’amour, j’avale ton être, ton coeur et même ton âme. Je t’avale de façon à ce que je te digère et de façon à ce que je digère la fin absurde que tu nous aies imposées. J’avale ta peur, j’avale tes indécisions et tes idées pré-établies, j’avale ton refus et ton absence ! Cette absence d’échange et de complicité, l’absence de l’envie en toi de moi…

Ces absence qui font désormais le poids de l’univers sur mes épaules. Je ne sais plus si je dois tenir ma tête sur mes épaules ou devrais-je épauler le rejet de tout l’univers de me libérer enfin de ce sort qui commence à peser incroyablement lourd. Je ne tiens plus, je relâche, comme prévu, comme je le pensais si bien -l’habitude parle- tout s’est produit de sorte à ce que la solution ultime que j’aies trouvé à ma pénible chute libre se réalise, c’était de détruire le dernier obstacle. Autrement dit, il fallait que j’écrase la dernière lueur d’espoir d’une invasion quelconque visant à conquérir ce royaume qui depuis de antiquités de glace est devenu impossible à repérer, et donc que cela relève désormais de la fantaisie. Je ne veux plus rien, cela me fait drôle, je ne veux rien ressentir, sauf ton absence. Je peux même la décorer, je me contente de ton absence, du moment qu’elle est de toi. Ce n’est surement pas raisonnable ni digne de quelqu’un qui se respecte d’accepter la moindre fibre le reliant à la personne ayant confirmé qu’il ne valait rien dans le monde du commun des mortels, ce monde qui le fascine autant qu’il le chagrine, quelqu’un qui reste malgré tout émerveillé par la beauté que peuvent prendre les fins les plus douloureuses, ceci est probablement malsain, ou voire même un signe de trouble psychique, l’essentiel ne réside pas dans le fait de déterminer ce que c’est exactement mais de le sentir…

J’avais beau programmer mon cerveau de façon à ce qu’il m’obéisse, depuis le tout début que ma mémoire ait pu enregistrer; Je ne reçois jamais le même coup de douleur deux fois, je connais les moindres recoins de mon corps, tout m’obéit. J’exige dans ce cas de savoir également, pour quelle raison, mon corps y inclut mon cerveau bien entendu, ma mémoire et notamment mon subconscient, aient tous fait en sorte que je goute à toi et que je m’apprête à reconnaitre le parfum que dégageait ta peau sous un baiser des plus amoureux sur ton épaule et sur le creux de ton cou.

Je me suis libérée de ton attente et j’ai accepté définitivement ton absence, elle au moins elle est toujours là à me tenir compagnie, remettant sur la surface de mon quotidien si stable les images de tes lèvres, des traits de ton visage, de tes courbes, de la douceur de la paume de ta main… Ton absence me rappelle toutes nos étreintes. Tu devrais en être fière. On n’a jamais eu autant de pouvoir artificiel sur un royaume non conquis, par simple côtoiement superficiel… Ce que tu ignore, c’est que je n’oublies rien, et que ta sois disant mission de sauvetage n’a fait qu’enlever la couche extérieure, assez fine relativement au reste… Un travail rapide celui que tu as fais, inachevé, délaissé, mais remarquablement rapide et influant. Il a bien su éteindre les dernières bougies si l’on puisse dire. Je n’embellis point les mots, je ne les cherche plus, ils sont tous là prêts à prendre ma défense, je me sens comme un soldat dans une guerre perdue d’avance mais qui ne manque pas de ferveur, de courage et de loyauté envers son royaume. Après tout, on ne choisit pas ce qui nous tient en vie, et si les tambours battent toujours cela me suffit pour les maintenir réguliers même presque morts …

Je comptais me relever après cette fin. C’est ce qui était prévu dans ma fin. Mais comme j’adore les imprévus, et comme une prévision s’est déjà réalisée, je préfère en rester là. Ce n’est pas malheureux, j’aurais de quoi décrire un univers de pessimisme d’une fluidité !